À 78 ans, Hervé Vilard Brise le Silence : Drames Secrets, Amours Tragiques et Homosexualité – La Vérité Derrière la Légende
Dans le paysage musical français, peu d’artistes peuvent se targuer d’avoir une trajectoire aussi romanesque et poignante que celle d’Hervé Vilard. À 78 ans, l’éternel interprète de “Capri, c’est fini” lève enfin le voile sur une vie marquée autant par des triomphes planétaires que par des tragédies intimes dévastatrices. Loin de l’image de l’idole yéyé à l’éternel sourire, c’est un homme complexe, résilient et parfois controversé qui se dévoile aujourd’hui.
De l’Orphelinat aux Sommets de la Gloire
L’histoire d’Hervé Vilard (né René Villard) commence dans la douleur. Né en 1946 dans un taxi parisien, d’une mère inconnue et d’un père qui a pris la fuite, le jeune René est arraché à sa mère à l’âge de 7 ans. Commence alors un périple chaotique entre orphelinats et familles d’accueil, dont une marquante dans le Berry. À l’adolescence, il se retrouve livré à lui-même dans les rues de Paris, frôlant la délinquance.
La roue tourne grâce à une rencontre fortuite près de la gare Montparnasse avec un peintre, qui l’introduit auprès du résistant et marchand d’art Daniel Cordier. Ce dernier deviendra son tuteur légal en 1962, lui offrant stabilité et l’opportunité de poursuivre ses rêves. En 1965, “Capri c’est fini”, composé sur un orgue Farfisa en sept minutes, le propulse au rang de star internationale, se vendant à des centaines de milliers d’exemplaires. Derrière ce succès phénoménal se cache un besoin de revanche sur la vie et de reconnaissance. Les relations avec sa mère biologique, atteinte d’alcoolisme et d’Alzheimer, resteront empreintes de douleur jusqu’à sa mort en 1981.

Les Drames de la Paternité Refusée
Si sa carrière est jalonnée de disques d’or et de tournées mondiales (de l’Amérique du Sud au Japon en passant par le Liban), sa vie sentimentale est une succession de drames. Hervé Vilard rêvait de fonder une famille, un désir puissant sans doute lié à son propre passé d’orphelin. Dans les années 70, lors d’une tournée en Amérique latine, il rencontre Consuela, une jeune Mexicaine avec qui il projette de se marier.
“Elle était une amie, une sœur, et nous avions fait un pacte d’avoir un enfant ensemble”, a-t-il confié. Il imaginait déjà leur fils, qu’ils auraient prénommé Pedro ou Pierre. Mais le destin frappe cruellement : Consuela décède dans un accident de voiture, alors qu’elle portait l’enfant du chanteur. “Notre enfant est mort avant de pouvoir naître”, se désespérera-t-il.
Le cauchemar se répète tragiquement au début des années 90. Hervé Vilard coule des jours heureux avec Alexandra (Kim Harlow), une magnifique danseuse du Lido. Le mariage est en discussion, un enfant est en route. Le 29 novembre 1992, Alexandra succombe brutalement à une méningite foudroyante. “Que pouvais-je faire d’autre à 30 ans que de fonder une famille ?”, s’interrogeait l’artiste, foudroyé une seconde fois par l’injustice du sort.
Un Coming-Out Précurseur et Assumé
Face à ces épreuves indicibles, Hervé Vilard a trouvé refuge dans la et auprès de son équipe du label Trema, qui lui a offert un “cocon” protecteur. Il n’a cependant jamais cherché à cacher sa vérité. Dès 1967, sur les ondes de France Inter face à Jacques Chancel, il répond à une question sur sa “petite amie” par une boutade restée célèbre : “Ma petite amie s’appelle Robert”.
Dans une France gaulliste et conservatrice, c’est un véritable séisme. Si la presse magazine comme Salut les copains a prudemment étouffé l’affaire (“Les gens ne voulaient pas parler de ces choses”, se souvient-il), l’industrie musicale a craint pour sa carrière. Mais le chanteur n’a eu cure des mises en garde. “Est-ce vraiment si courageux de dire la vérité quand quelqu’un te pose une question ? Pourquoi mentir à ce sujet, c’est ridicule”, déclarait-il au Parisien en 2018. Fier, il ajoutait avec ironie : “Je pense en fait que les chanteurs romantiques sont plus doués pour être homosexuels.” Il se refuse cependant à être un porte-drapeau : “Ma vie privée est mes affaires.”
Une Force de la Nature Malgré les Orages
L’homme est entier, franc, parfois piquant. Récemment, en 2024, il a surpris en s’en prenant vivement à l’animateur Jordan de Luxe sur les réseaux sociaux, le qualifiant de “visage de rat” ! Une attaque inexpliquée (les deux hommes ne se connaissant même pas) qui montre qu’Hervé Vilard n’a rien perdu de son tempérament volcanique.
Pourtant, cette carapace cache une fidélité indéfectible. Il était ainsi l’un des premiers à rendre hommage, en septembre dernier, à José Sébéloué (fondateur de La Compagnie Créole), décédé de la maladie de Parkinson, témoignant de sa profonde empathie pour ses “frères d’armes” du monde du spectacle.
À 78 ans, la résilience de l’artiste force le respect. Après avoir survécu à une violente crise cardiaque en 2008, il a su se réinventer et prendre soin de sa santé. En juillet 2024, à l’aube de ses 78 ans, il ouvrait triomphalement le festival des Francofolies de La Rochelle, porté par de jeunes auteurs-compositeurs, prouvant que son charisme opère toujours. “Le monde change, le monde bouge et nous avançons”, clamait-il face à un public conquis.
Avec un nouvel album studio en préparation (le premier depuis 2015) et des concerts prévus à Paris, Hervé Vilard n’est pas près de tirer sa révérence. De l’orphelin rebelle à l’interprète acclamé des textes de Duras et Aragon, en passant par le survivant de drames insoutenables, il reste cet artiste insaisissable : un homme qui a payé le prix de ses failles, mais qui, grâce à la , s’est forgé une place éternelle dans le cœur des Français.