Héritage de Johnny : À 96 ans, Hugues Aufray Brise le Silence et Fait Trembler Laeticia Hallyday avec des Révélations Chocs
À 96 ans, la plupart des hommes ont depuis longtemps choisi la tranquillité du silence, se retirant du tumulte médiatique pour contempler le passé avec sérénité. Mais Hugues Aufray n’est pas fait de ce bois-là. Le doyen de la chanson française, l’éternel baladin, a décidé de parler. Et lorsque l’homme qui a offert à Johnny Hallyday son mythique « Pénitencier » ouvre la bouche pour évoquer la mémoire de son ami de toujours, c’est tout l’édifice du récit officiel, patiemment construit par Laeticia Hallyday, qui se met à trembler. Sur les plateaux de télévision et dans les colonnes des journaux, Hugues Aufray remet les pendules à l’heure avec la force implacable d’un homme qui n’a plus rien à perdre et plus personne à ménager.
Le Mot Qui N’A Jamais Existé
La phrase a résonné comme un coup de tonnerre dans le ciel déjà orageux de la famille Hallyday. Interrogé sur le plateau de BFM TV au sujet du fameux testament américain qui privait David Hallyday et Laura Smet du moindre centime de l’héritage de leur père, Hugues Aufray a eu cette déclaration lapidaire, glaciale et lourde de sens : « Je n’ai jamais entendu Johnny prononcer ce mot. »
Le mot en question ? « Déshériter ». Pour le chanteur de Santiano, c’est une impossibilité morale et psychologique. Connaissant viscéralement l’âme de Jean-Philippe Smet, ses failles, ses doutes, mais aussi son amour profond pour ses enfants, Hugues Aufray affirme haut et fort que l’idée même de rayer David et Laura de sa succession n’a jamais germé dans l’esprit du Taulier. Pour lui, le verdict est sans appel : « Quelqu’un derrière lui a dicté les mots. » Et ce « quelqu’un », dans l’inconscient collectif de millions de Français, porte inévitablement un prénom, celui de Laeticia. En pointant du doigt une manipulation présumée, le patriarche de la chanson ne fait pas que donner son avis ; il se pose en témoin capital d’une dépossession, celle d’un homme affaibli par la maladie, dont on aurait orienté les ultimes volontés.

Une Fraternité Née d’une Corde Cassée
Pour comprendre le poids incommensurable de la parole d’Hugues Aufray aujourd’hui, il faut remonter le temps. Loin, très loin. Nous sommes en 1960, à Juan-les-Pins, sur la lumineuse Côte d’Azur. Un jeune chanteur de 17 ans, encore balbutiant mais déjà consumé par le feu du rock’n’roll, casse une corde de sa guitare en pleine répétition au Vieux Colombier. Ce gamin longiligne et timide, c’est Jean-Philippe Smet, qui commence tout juste à se faire appeler Johnny Hallyday. Dans une chambre voisine, un autre artiste, un peu plus âgé et déjà rodé aux scènes, entend la détresse du jeune musicien. Hugues Aufray, qui a alors une trentaine d’années, se précipite, fouille dans son étui et tend une corde de rechange au gamin.
Ce geste, d’une banalité apparente pour n’importe quel musicien, revêt pour Johnny une dimension sacrée. Le rockeur, souvent écorché vif et à la recherche perpétuelle de repères, s’en souviendra toute sa vie. Cette simple corde de guitare tresse le premier lien d’une amitié hors norme qui durera 57 ans. Pas une amitié mondaine de show-business, non. Une amitié complexe, faite de respect mutuel, d’admiration, de longues confidences nocturnes, mais aussi de jalousie. Hugues l’avouera plus tard avec tendresse : « Johnny était très jaloux de moi. C’est invraisemblable, mais c’est comme ça. »
Le Gardien du Temple en Uniforme
La profondeur de leur lien se vérifie quelques années plus tard, en octobre 1964. Johnny effectue son service militaire dans une caserne d’Offenbourg, en Allemagne. Il est la plus grande star du pays, mais il se retrouve seul, coupé de son public et de sa cour. Qui fait le voyage pour venir le soutenir dans la grisaille militaire ? Aucun copain de bringue, aucun impresario, aucune autre star. Juste lui, Hugues. Bouleversé par cette preuve d’affection désintéressée, Johnny, revêtu de son uniforme, prend sa plume et lui écrit une lettre qui appartient désormais à l’histoire : « Tu es le seul artiste à m’avoir rendu visite à la caserne. Plus encore que mon meilleur copain, je t’aime comme un frère. »
« Frère ». Le mot est lâché, et il scelle leur destin. C’est d’ailleurs cette même année qu’Hugues Aufray offre à son jeune frère de cœur ce qui deviendra l’un des piliers de son répertoire. Entendant à la radio l’adaptation par The Animals du traditionnel américain The House of the Rising Sun, Johnny en tombe fou amoureux. Il contacte immédiatement Hugues, alors en tournée en Suisse. Avec l’aide de Vline Buggy, Aufray cisèle un texte sur mesure. L’histoire originelle, jugée trop sulfureuse (elle évoque une maison close), est transformée en une complainte poignante sur la rédemption et l’enfermement. Le Pénitencier est né, et avec lui, l’un des plus grands triomphes de Johnny Hallyday.
La Distance dans la Proximité : Le Ghetto de Marnes-la-Coquette
À partir des années 1970, Hugues Aufray s’installe à Marnes-la-Coquette, paisible commune verdoyante des Hauts-de-Seine. Plus de trente ans plus tard, en 2005, Johnny et Laeticia achètent à leur tour la célèbre villa « La Savannah » dans ce même village. Les frères de cœur deviennent voisins. Leurs enfants jouent parfois ensemble. Pourtant, malgré cette proximité géographique, Hugues Aufray maintient toujours une distance prophylactique avec le « clan » Hallyday.
L’interprète de Céline a un mode de vie diamétralement opposé à celui du rockeur. Il ne boit pas, ne fume pas, fuit les excès et les substances illicites. Les fêtes dantesques qui s’étirent jusqu’à l’aube à La Savannah, très peu pour lui. Hugues n’a jamais fait partie de la cour des courtisans qui gravitent autour de la star. Quand il veut voir Johnny, il exige des dîners en tête-à-tête, sans la « smala » habituelle. Et c’est dans ces moments d’intimité rare que Johnny se livre véritablement, partageant sa solitude vertigineuse, ses doutes d’homme et parfois même, le sentiment amer d’avoir raté certaines choses essentielles de sa vie.
Mais au fil des années, l’entourage du Taulier se transforme. Laeticia prend une envergure nouvelle, devenant la maîtresse de maison implacable, gérant les affaires, filtrant les visites, redessinant le premier cercle. Hugues reste poli, mais n’apprécie guère cette prise de contrôle. L’atmosphère du village devient étouffante pour le vieux sage. En 2020, après 45 ans de vie dans la commune, il vend sa maison familiale. Les mots qu’il emploie alors pour justifier son départ résonnent comme une critique acerbe : il décrit Marnes-la-Coquette comme un « ghetto de milliardaires », bunkerisé par des caméras de vidéosurveillance et peuplé de gens qu’il ne connaît pas. La flèche est à peine voilée, et tout le monde comprend que Laeticia Hallyday, figure emblématique de ce ghetto doré, est directement visée.
Le Testament de la Discorde : Un Verdict Implacable
Le 5 décembre 2017, la nuit tombe définitivement sur La Savannah. Johnny succombe à son cancer du poumon. Hugues Aufray est terrassé. « Une page de ma vie se tourne », confie-t-il, le cœur en miettes, se souvenant du gamin de 17 ans rencontré sur la côte. Mais le deuil national et la communion populaire font rapidement place à l’effarement. Quelques semaines après l’inhumation à Saint-Barthélemy, le contenu du testament américain est dévoilé : l’intégralité du patrimoine financier et artistique est léguée à Laeticia et à leurs deux filles adoptives, Jade et Joy. David Hallyday et Laura Smet sont littéralement effacés. Pas un centime, pas un souvenir, pas une guitare, pas une chanson.
La France est sous le choc. Les proches historiques s’insurgent. Sylvie Vartan clame son indignation. Eddie Mitchell, parrain de Laura et autre figure tutélaire de l’entourage, fustige une décision incompréhensible. Jacques Dutronc s’enferme dans une colère muette. Hugues Aufray, lui, prend le temps d’observer, d’encaisser le coup. Puis, il décide de monter au créneau. Depuis, il n’a de cesse de déconstruire patiemment, méthodiquement, le récit servi par la veuve.
Le Dernier Contrepoids
Aujourd’hui, alors qu’un biopic se prépare sous la direction de Cédric Jimenez, que des expositions immersives tournent à travers le pays et que des statues controversées sont érigées, la bataille pour la mémoire de Johnny fait rage. Laura Smet a prévenu qu’elle ne tolérerait aucun récit édulcoré. Pascal Obispo bloque l’utilisation de ses compositions sans l’accord des aînés. Et au milieu de cette poudrière, la voix d’Hugues Aufray se dresse comme un phare.
Il est le gardien moral du temple. Sans animosité feinte, sans recherche de buzz ou de vengeance personnelle, il témoigne de la vérité d’une époque révolue. Ses mots pèsent une tonne. Lorsqu’il affirme que Johnny a été « mal conseillé », qu’il n’aurait jamais « déshérité » sa chair et son sang, il dresse un mur face aux tentatives de lissage mémoriel. À 96 ans, l’homme qui vient de triompher aux Francofolies de La Rochelle ne joue plus à aucun jeu. Il regarde la situation avec la lucidité acérée de celui qui a tout vu et qui refuse que l’on travestisse l’histoire de son frère.
Laeticia Hallyday a peut-être gagné d’importantes batailles juridiques et financières, mais tant que la guitare d’Hugues Aufray résonnera, le monopole de l’histoire lui échappera. Ce vieil ami bienveillant, l’homme de la corde cassée de Juan-les-Pins, est devenu le caillou intolérable dans la chaussure de la veuve. Le récit de la fin de vie de Johnny ne s’écrira pas seulement avec des avocats et des communicants ; il devra affronter la mémoire intacte d’un homme libre, le dernier grand témoin qu’aucune pression ne pourra jamais réduire au silence.